cop13La 13ème conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique (CDB) – ou COP13 – s’est achevée samedi 17 décembre 2016 à Cancùn (Mexique).

Cette rencontre internationale avait pour ambition annoncée de dresser un bilan à mi-parcours de l’atteinte des objectifs d’Aichi et de la mise en œuvre du Plan Stratégique pour la Biodiversité 2011-2020. Décryptage.

L’engagement des délégations

« Il importe au plus haut point de vivre en harmonie avec la nature et la Terre nourricière comme condition fondamentale du bien-être pour toute la vie sur la planète, qui dépend de la conservation et de l’utilisation durable de la biodiversité et des services écosystémiques qu’elle sous-tend. ».

Ainsi commence la Déclaration de Cancùn sur l’intégration de la conservation et de l’utilisation durable de la biodiversité pour le bien-être, proposée à la signature aux ministres et chefs de délégations présents les 2 et 3 décembre, appelant aussi la COP13 « à tenir compte de cette déclaration dans ses travaux ».

Le document s’achève par leur engagement à « œuvrer à tous les niveaux au sein de [leurs] gouvernements et dans tous les secteurs, à intégrer la biodiversité en créant des cadres institutionnels législatifs et réglementaires efficaces adaptés aux besoins et aux situations nationaux, en adoptant une approche économique, sociale et culturelle inclusive dans le respect total de la nature et des droits humains. »

Ils s’engagent également à prendre des mesures particulières pour les secteurs de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et du tourisme, secteurs fortement impactés par et impactant, de manière directe ou indirecte, la biodiversité et les écosystèmes.

L’engagement des entreprises

Le Secrétariat de la CDB et le Gouvernement du Mexique invitaient également les dirigeants d’entreprises et d’institutions financières à signer l’Engagement entreprises et biodiversité.

Cet Engagement avait pour objet d’attirer l’attention des entreprises sur l’importance de la biodiversité et des services écosystémiques pour elles, sur leur rôle dans leur protection et de leur permettre de réaffirmer leur engagement. Les entreprises l’ayant signé s’engagent à réaliser des actions concrètes en faveur de la biodiversité et à proposer des solutions pour son utilisation durable, et pour un partage juste et équitable des bénéfices liés aux ressources génétiques. La cérémonie de signature formelle avait lieu à Cancùn le 3 décembre, en marge du Forum entreprises et biodiversité.

Plusieurs grandes entreprises françaises (LVMH, CDC biodiversité, Engie, L’Oréal, Lea nature ou encore Veolia) et étrangères (Cemex, Nestlé ou Volkswagen) l’ont signé, une centaine au total, mais c’est bien loin du compte ! Peu d’entreprises française se sont d’ailleurs déplacées ; nous en parlions déjà dans cet article et nous ne le dirons jamais assez : comme pour le climat, l’engagement des entreprises est absolument fondamental !

Bilan et perspectives

2011-2020Les gouvernements de 167 pays ont convenu d’actions qui accéléreront la mise en œuvre des objectifs mondiaux pour la biodiversité et amélioreront le lien entre cet Agenda pour la biodiversité et d’autres agendas mondiaux, comme celui des Objectifs de Développement durable ou l’Accord de Paris sur le climat. Ils ont convenu de nombreuses mesures, parmi lesquelles : l’intégration de la biodiversité, le développement des capacités, la mobilisation de ressources financières, les aires protégées, la restauration d’écosystèmes ou la gestion durable de la faune et de la flore…

L’intégration de la biodiversité fut le grand enjeu de cette Conférence. Les délégués ont en effet décidé d’aller plus loin que prévu dans l’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles ; les ONG s’en félicitent. En 2018, la COP14 (qui aura lieu en Égypte) prendra en compte l’impact des activités des secteurs de l’énergie, l’exploitation minière, les infrastructures, l’industrie et la santé. La suite de l’Agenda est clair jusqu’en 2020 (dont la COP aura lieu en Chine).

La biodiversité doit être prise en compte dans l’ensemble des politiques sectorielles, mais aussi dans les politiques intersectorielles (climatique, de pauvreté, de santé, etc.), qui sont intimement liées, et donc dans l’ensemble de l’Agenda 2030 du développement durable. Les États affichent vouloir changer de trajectoire.

Il faudra également obtenir des acteurs ayant une action négative sur la biodiversité qu’ils changent leurs pratiques et encourager les pratiques favorables. Les entreprises, institutions financières, ONG et même les consommateurs ont un rôle essentiel à jouer. La transformation de la chaîne de valeur est essentielle pour mieux intégrer la biodiversité dans l’économie et la société.

Cela prendra du temps et il faudra souvent faire des arbitrages et des compromis, mais il ne reste plus que 4 ans pour atteindre les objectifs d’Aichi et espérer inverser ce déclin de la biodiversité.

Conclusion

Comme pour le climat, les efforts en faveur de la biodiversité et des écosystèmes sont encore insuffisants pour pouvoir réaliser le Plan Stratégique pour la Biodiversité 2011-2020. Face à l’urgence, les États doivent donc faire preuve d’encore plus d’ambition et de volonté politique. Toutes les parties prenantes doivent par ailleurs améliorer leur engagement et en particulier les entreprises. B&L évolution accompagne les entreprises dans leur stratégie biodiversité depuis plusieurs années.

 COP13

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