22ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique

La 22ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP22) a démarré le 7 novembre dernier. L’Accord de Paris venait tout juste d’être ratifié. L’événement semblait ainsi commencer sous de bons augures. Personne n’attendait pour autant une « grande COP ».

Fin 2015, les pays s’étaient donnés l’objectif contraignant et ambitieux de contenir le réchauffement à l’horizon 2030 – par rapport à l’ère préindustrielle – nettement en-dessous du seuil des +2°C, voire à +1,5°C (à la demande des Etats insulaires). Or compte tenu des contributions enregistrées, l’Accord de Paris donnerait finalement un Monde entre +2,8 et +3,2°C, ce qui n’est pas soutenable ! Malgré cette nouvelle et des discussions parfois centrées sur l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, la Conférence a cependant obtenu quelques résultats intéressants. Voici ceux que B&L évolution retiendra principalement.

Les résultats officiels

La COP22 s’est achevée sur « La proclamation de Marrakech pour l’action pour notre climat et le développement durable », adoptée à l’unanimité par les chefs d’Etats, de gouvernements et de délégations. Celle-ci appelle la communauté internationale à intensifier l’action pour la lutte contre les changements climatiques et pour le soutien aux pays menacés.

Il a été décidé d’accélérer le travail de mise en œuvre de l’Accord de Paris, afin d’aboutir au plus tard lors de la COP24 (décembre 2018) à la définition de ses règles d’application. 2018 sera également l’année du dialogue facilitatif qui devrait permettre de réaliser l’état des lieux des engagements climatiques.

Le dernier jour de la Conférence, 48 Etats membres du Climate Vulnerable Forum (CVF) se sont engagés à réviser à la hausse avant 2020 leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et à atteindre un mix énergétique 100% renouvelable « aussi rapidement que possible ». Pour mémoire, le CVF regroupe les pays qui sont affectés de façon disproportionnée par les conséquences du réchauffement.

Mais aussi…

On retiendra tout d’abord le renforcement du rôle de la société civile devant l’importance de l’inertie des Etats, ainsi qu’une réelle détermination à aller de l’avant pour relever ce défi climatique. Les procédures pour accélérer la transition des entreprises vers une économie bas-carbone sont plurielles et on note en particulier :

Un premier bilan de la plateforme Nazca (Non-State Actor Zone for Climate Action), dans laquelle on recense déjà plus de 4000 engagements d’entreprises et de collectivités ! Pour rappel, cette plateforme a vocation à recenser et vérifier la tenue des engagements pris par les différents acteurs.

L’Initiative « ACT » (Assessing low-Carbon Transition), qui vise à mesurer le degré d’engagement des entreprises dans la transition carbone, est entrée en phase 2 par la signature d’une déclaration d’intention de nombreux acteurs (ADEME, CDP, GHGMI, ABC, APCC, The B Team et bien d’autres).

L’avancée des discussions sur les prix du carbone. On note en particulier la mise en place de prix interne du carbone au sein d’un nombre croissant d’entreprises. Carrefour en particulier a fait cette annonce durant la COP22. Ces initiatives sont des accélérateurs internes vers une transition bas-carbone en permettant de dégager des budgets nécessaire à cette transition et en intégrant le « coût carbone » dans les décisions d’investissements.

Enfin, l’initiative Science Based Target, rejointe par 200 entreprises, qui incite ces dernières à se fixer des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, basés sur les recommandations des scientifiques.

Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter le communiqué de presse de clôture de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).

Un bilan mitigé, mais une opportunité pour l’action !

Le bilan de la COP22 semble acter que le processus onusien est arrivé à son maximum avec l’obtention de l’Accord de Paris. D’un point de vue logistique, il a été convenu de faire plus sobre dorénavant en gardant les prochaines COP en Europe (COP23 à Bonn avec présidence des Fidji et COP24 en Pologne).

Les projecteurs se tournent désormais vers les acteurs non-étatiques et en particulier les territoires et les acteurs économiques. Face à l’urgence de la situation, il est désormais impératif d’agir et le cadre incitatif au passage à l’action des entreprises est en train de se mettre en place avec la plateforme Nazca et les prix du carbone.

Les entreprises visionnaires feront de ces contraintes de véritables opportunités de développement et d’innovation, compatibles avec un développement soutenable et répondant aux Objectifs de développement durable (ODD). Pour celles qui n’intègreront pas les « enjeux carbone », l’avenir devrait s’annoncer moins radieux.

Choisissez votre camp 😉

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