Les 4 et 5 décembre, Eco-emballages fête ses 20 ans et se réjoui de la réussite du système en place et des progrès réalisés : pour cause, »en deux décennies, le taux de recyclage des emballages ménagers est passé de 18% à 64% » selon la Tribune, mais qu’en est-il si l’on se compare à nos voisins européens ?

Selon une étude de Plastics Europe, la fédération européenne de l’industrie du plastique « la France est en retard dans le recyclage du plastique et se classe à la 21ème place européenne. […] Seulement un cinquième (19,2%) des 3,3 millions de tonnes de plastique mis au rebut l’an passé dans l’Hexagone a eu droit à une deuxième vie. »

Selon Michel Loubry, le directeur de Plastics West Europe, « au rythme actuel, il faudrait encore 20 ou 40 ans pour que tous les plastiques soient recyclés ou du moins brûlés dans un incinérateur pour produire par exemple de la chaleur ». « Si cet effort était fait au niveau européen, c’est plus d’un milliard de barils de pétrole d’une valeur de près de 80 milliards d’euros qui pourraient être économisés » a-t-il souligné.

L’AFP nous éclaire sur les différentes voies de progression:

« Eco Emballages, l’organisme qui gère le recyclage des emballages ménagers expérimente actuellement une extension du tri du plastique auprès 3,7 millions de Français: il s’agit de séparer tous les emballages plastiques, et non plus les seuls bouteilles et flacons. Les premiers enseignements de cette expérience ont été positifs, avec une augmentation des tonnages collectés (+13%), même si de nouvelles erreurs de tri sont apparues (brosses à dents, jouets, pots de fleurs, etc.)

Côté industriels, les gros efforts à faire concernent les films servant à emballer les palettes de livraisons, les fûts et divers types de conteneurs ou encore les grandes caisses et cales en polystyrène, souligne Vincent Colard, chargé de mission environnement à la fédération de l’emballage Elipso.

« Il y a des choses qu’on n’arrivera pas à recycler, comme les tubes de rouge à lèvres ou les dosettes de café qui mélangent métal et plastique. Ou d’autres qui ne sont plus recyclables, les déchets ultimes. Mais sinon quand il y a un volume suffisant pour avoir un modèle économique, techniquement on peut le faire », souligne-t-il.

Autre piste: assortir l’obligation de ne pas mettre le plastique en dépôts d’ordures d’un pouvoir de sanction, ou encore augmenter les taxes de mise en décharge pour encourager le tri en amont.

Cette hausse des taxes risque toutefois de faire grincer des dents chez les grands opérateurs de ces « centres de stockage » comme Veolia ou Suez Environnement, reconnaît une professionnelle du recyclage.

Reste que l’invasion du plastique –dont le monde était encore pratiquement vierge en 1950– a de quoi donner le vertige. En 2011, 280 millions de tonnes (28.000 tours Eiffel) ont été produites dans le monde, un chiffre en hausse de plus de 5% sur un an et le triple d’il y a 30 ans, selon Plastics Europe. »

Sources et propos recueillis par l’AFP et La Tribune

 

 

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