La pression réglementaire qui encadre la construction et la rénovation du bâtiment est de plus en plus importante. La forte volonté d’accroître les exigences s’explique par le fait que le bâtiment représente 42% des consommations d’énergie, le plaçant ainsi à la première place des postes de consommation d’énergie finale. Il pèse également lourd dans notre bilan carbone avec 23% des émissions de GES nationales. Enfin il faut savoir que selon les qualités techniques d’un bâtiment, la facture énergétique peut varier de 250€ à 1800€ pour un foyer, sachant que la moyenne nationale actuelle est de 900€. Il est donc important de rendre ces constructions plus efficaces sur le plan énergétique, et c’est précisément là qu’intervient la prise en compte de l’énergie grise.

Au-delà de l’énergie directement consommée dans un bâtiment on évoque de plus en plus souvent l’énergie grise. Bien que ce concept ne bénéficie pas encore d’une définition précise et normalisée on peut le décrire de la façon suivante : l’énergie grise d’un bâtiment comprend les consommations d’énergie mises en jeu en dehors des consommations d’usage habituelles (telles que chauffage, eau chaude, etc.). Trois étapes clés interviennent dans le processus de création d’énergie grise, la construction, l’entretien (dans le sens de la rénovation) et la fin de vie du bâtiment. On distingue enfin l’énergie matière de l’énergie procédé qui différencie l’énergie stockée dans les matériaux et l’énergie nécessaire à la transformation et au transport des matériaux.

La limitation de l’énergie grise est une des pistes non négligeables de l’optimisation de l’efficacité énergétique. Plusieurs solutions permettent de réduire les consommations d’énergie liées à la construction, la rénovation et la démolition des bâtiments. On peut par exemple mutualiser les usages, encourager la réhabilitation, repenser les modèles architecturaux, privilégier l’évolutivité du bâti… Le choix des matériaux a aussi une importance cruciale, le recours aux produits recyclés, biosourcés, locaux ou encore réutilisables doit être favorisé. Enfin, à l’étape de démolition du bâtiment une véritable étude doit être faite sur la possibilité de revaloriser les matériaux disponibles.

Pour les constructions récentes qui répondent aux critères BEPOS (Bâtiment à Energie Positive) les critères sont différents, en effet un surinvestissement en énergie grise peut devenir rentable puisque le bâtiment consommera moins sur l’ensemble de sa durée de vie.

Tous ces paramètres doivent désormais être pris en compte afin de répondre aux critères de la nouvelle réglementation thermique 2012 (RT 2012) qui sera appliquée très prochainement, au plus tard le 1e janvier 2013. Elle prévoit des exigences bien plus importantes au niveau des consommations énergétiques des bâtiments neufs.

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