Une enquête Entreprises et développement durable menée dès 2016 par l’Insee pour mesurer l’implication de certaines catégories d’entreprises dans une démarche de développement durable sur les volets économique, sociétal, social et environnemental a été dévoilée ce 23 mai 2019. Quelles entreprises sont les plus engagées dans la RSE ? Quelles actions sont menées dans ce cadre ?

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient de publier une enquête intitulée « La diffusion des démarches de responsabilité sociétale des entreprises ». Elle fait état de la bonne connaissance par les entreprises françaises du concept de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Un questionnaire a été envoyé à 11 009 entreprises, représentatives des unités légales de 20 salariés ou plus, sans que le terme « RSE » n’apparaisse dans la dénomination de l’enquête car la notion de « développement durable » était jugé mieux connue. Les questions portant sur la RSE n’interviennent qu’en fin de questionnaire. Cela a permis d’une part d’évaluer la notoriété de la RSE et d’autre part de déterminer les actions des entreprises qui font de la RSE sans le savoir.

Définie par la Commission européenne comme « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société » (définition reprise par l’Insee dans son enquête), la RSE formalise le fait qu’une entreprise s’engage vis-à-vis de ses partenaires commerciaux et non commerciaux à une cohésion sociale, sociétale et à la protection de l’environnement. Quels types d’entreprises affirment leur engagement pour ces différents enjeux ? Quels sont les résultats des actions de RSE escomptés par les entreprises ?

59% des entreprises de 20 salariés ou plus ont déjà entendu parler de RSE

Parmi les entreprises en France employant 20 salariés ou plus hors sociétés agricoles, financières et d’assurance, 45% ont déjà entendu parler de la RSE et ont le sentiment de mener des actions dans une perspective RSE. Même si certaines entreprises ne connaissent pas le concept, elles sont 11% à penser mener des actions dans une perspective de RSE. 14 % des entreprises ont déjà entendu parler de la RSE, mais n’ont pas le sentiment de mener des actions dans une perspective de RSE. Elles sont le double à ne pas connaitre ce terme et à estimer ne pas mener d’actions RSE.

Ce qui ressort de l’enquête c’est que la connaissance de la RSE et la mise en œuvre d’actions dans ce champ dépendent essentiellement de la taille de l’entreprise, de son appartenance à un groupe et à certains secteurs d’activité. En revanche, le modèle économique ou la dépendance à l’égard des principaux clients ou fournisseurs, par exemple, n’entre pas en compte dans la connaissance ou la pratique de la RSE.

RSE : les entreprises du secteur de l’environnement et de l’énergie les plus engagées

La notoriété de la notion de RSE augmente avec la taille de l’entreprise : 96% des entreprises de 500 salariés ou plus déclarent avoir entendu parler de la RSE. Les entreprises appartenant à un groupe ont 1,4 fois plus de chances que les entreprises indépendantes d’avoir déjà entendu parler de la RSE et de mener des actions entrant dans ce cadre. Chez les entreprises de 20 à 49 salariés, seule la moitié connait la RSE.

Parmi les entreprises les plus engagées, on retrouve celles des secteurs de l’énergie et de l’environnement car concernées par le volet environnemental de la RSE, y compris par le biais de la réglementation. Elles sont également impliquées dans les volets sociaux et environnementaux du fait de leur structuration en grandes entreprises internationales.

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Quelle perception de la RSE selon les secteurs ?

Les entreprises qui estimaient mener des actions en faveur de la RSE ont été amenées à choisir jusqu’à deux réponses possibles parmi les choix suivants : respect de l’Homme ou de l’environnement, adhésion/motivation des employés, gestion des risques, amélioration de l’image externe de l’entreprise, réduction des coûts de production et enfin développement de nouveaux biens et services.

Tous secteurs confondus, 59% des entreprises interrogées désignent le « respect de l’homme ou de l’environnement » comme un objectif prioritaire, et 72 % des entreprises des secteurs de l’énergie et de l’environnement le désignent ainsi. La perception de ce que recouvre la RSE varie ainsi selon le secteur d’activité. Par exemple, pour ces mêmes entreprises des secteurs de l’énergie et de l’environnement, « la gestion des risques » et « l’amélioration de l’image externe de l’entreprise » arrivent respectivement en 2e et 3e position des résultats en matière d’actions RSE tandis que la moyenne générale indique que « l’adhésion/la motivation des employés » figure comme le 2e objectif prioritaire en matière de RSE.

Comment assumer sa responsabilité ?

La Commission européenne explique que « pour assumer cette responsabilité, il faut au préalable que les entreprises respectent la législation en vigueur et les conventions collectives conclues entre partenaires sociaux ».

Il faudrait ainsi que la RSE tienne sa place dans la gouvernance d’entreprise. Les questions relevant de la place de la RSE dans la gouvernance d’entreprise n’ont été posées qu’aux entreprises de 50 salariés ou plus. La Commission ajoute que pour s’acquitter pleinement de leur responsabilité sociale, « il convient que les entreprises aient engagé, en collaboration étroite avec leurs parties prenantes, un processus destiné à intégrer les préoccupations en matière sociale, environnementale, éthique, de droits de l’Homme et de consommateurs dans leurs activités commerciales et leur stratégie de base. »

Ces résultats confirment ce que nous voyons chez les entreprises que nous accompagnons en RSE.

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