Le Jour de la Nuit est un évènement majeur pour sensibiliser la population à la pollution lumineuse. Il s’agit d’une opération nationale, portée par l’association Agir pour l’Environnement, qui a pour but de proposer des manifestations et des animations dans la France entière, y compris en Outre-Mer, pour mettre en avant les effets des éclairages nocturnes sur le vivant, mais aussi sur la vision du ciel étoilé. Les manifestations peuvent être des ateliers ludiques de découverte de la faune et la flore nocturne, des paysages nocturnes et d’observations des étoiles ou encore des ballades noctambules organisées au cœur des milieux urbains. À cette occasion, les municipalités sont invitées à éteindre leurs éclairages publics afin de profiter du ciel étoilé et rendre compte des effets de l’éclairage.

Cette année l’évènement a eu lieu samedi 12 octobre 2019 pour sa 11ème édition. Avec plus de 700 manifestations dénombrées sur le territoire national, l’événement a été une fois de plus un franc succès. Entre l’extinction d’éclairages publics (de très nombreuses municipalités ont joué le jeu), l’observation des étoiles, les balades nocturnes ou encore des ateliers de sensibilisation grand public, le Jour de la Nuit grandit chaque année. L’objectif de cet événement : sensibiliser le grand public et les différents acteurs des territoires.

De la sensibilisation à la pollution lumineuse et la biodiversité nocturne

L’invitée principale du weekend a été la pleine lune. Même si elle ne favorise pas l’observation des étoiles ou limite l’attirance des papillons de nuit au sein des pièges lumière qui nous permettent de les observer, elle permet d’admirer de magnifiques paysages nocturnes et d’apporter une clarté fascinante dessinant les reliefs et contrastant les villes urbaines et leurs éclairages. Une réussite pour que les collectivités se saisissent du phénomène et s’engagent sur une réduction d’éclairage permettant de faire des économies et de protéger l’environnement nocturne trop souvent oublié.

Pour cette 11ème édition, B&L évolution a participé au Jour de la Nuit aux cotés de Noé Conservation pour parler de pollution lumineuse et de biodiversité nocturne, découvrir les papillons nocturnes et discuter autour des impacts lors d’un atelier mis en place sur les sites des Côtes, un Espace Naturel Sensible (ENS) situé aux portes de Clermont-Ferrand. François Fournier, expert et passionné des papillons de nuit dans le département du Puy-de-Dôme, nous a accompagnés pour capturer et identifier les papillons de nuit attirés par la lumière.

19H30 : le piège lumière est en place et les premiers intéressés viennent à notre rencontre.

Une dizaine de personnes assistent donc à cet atelier qui débute par une présentation de la faune nocturne, de la pollution lumineuse et de ses impacts ainsi que des protocoles de sciences participatives portés par Noé pour reproduire l’expérience à la maison. C’est ensuite une partie de « chasse aux papillons » qui nécessite un filet et un coup de main assuré pour les capturer et les identifier. Malgré la lune qui limite l’attraction des espèces présentes, quelques individus s’approchent et sont identifiés.

On s’attardera ensuite sur la ville de Clermont-Ferrand où B&L évolution a présenté les causes principales de cette pollution lumineuse et les effets en général sur les écosystèmes, sur la cohérence écologique (trame noire) mais aussi sur les conséquences du sur-éclairage sur les humains.

Un atelier très intéressant avec des échanges et des témoignages riches pour cette édition 2019 du Jour de la Nuit.

La pollution lumineuse au cœur des débats

La pollution lumineuse est un enjeu majeur pour la biodiversité nocturne et les écosystèmes. Comme la pollution de l’air induite par l’émission d’agents chimiques dans l’atmosphère et modifie les conditions normales entraînant des problématiques notamment sanitaires, la pollution lumineuse est l’introduction d’un agent, cette fois physique, qui va modifier les conditions normales de l’environnement nocturne. Il s’agit de la diffusion lumière artificielle en grande quantité dans l’environnement et qui va altérer les conditions d’obscurité, transformant ainsi la nuit en jour. L’obscurité est une composante naturelle de la vie sur Terre, qui permet à de nombreuses espèces d’assurer l’ensemble de leurs cycles vitaux, comme pour se nourrir, se reproduire ou encore se déplacer.

Romain Sordello, spécialiste en pollution lumineuse et biodiversité au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), mentionne le fait que près d’un tiers des espèces vertébrées et deux tiers des invertébrés vivent totalement ou partiellement la nuit. En modifiant ces conditions d’obscurité, on altère l’ensemble des équilibres des écosystèmes car la lumière artificielle va soit attirer et piéger les espèces, notamment les invertébrés, soit les faire fuir limitant leurs espaces de vie à des zones de plus en plus restreintes. Un phénomène qui pourrait être la première cause de disparition d’espèces d’insectes nocturnes.

La pollution lumineuse, c’est aussi la disparition du ciel étoilé. Aujourd’hui, un tiers de la population vit en ville et ne peut plus voir la voie lactée. Selon Samuel Challéat, géographe et expert de la question, en France « il faudrait s’éloigner de plus de 900 km de Paris pour observer un ciel sans pollution lumineuse et donc profiter de toutes les étoiles visibles ». Selon ses mots : « aujourd’hui le premier outil de l’astronome amateur est sa voiture » car il est nécessaire de s’éloigner de plus en plus centres urbains pour observer les étoiles dans des conditions favorables. Un phénomène majeur qui ne cesse de croître sur le territoire français.

Réduire la pollution lumineuse un enjeu majeur pour notre environnement

Pour réduire la pollution lumineuse, il existe de nombreuses solutions. Contrairement à la pollution de l’air qui peut être stockée dans l’atmosphère durant des années, une fois la lumière éteinte plus de pollution lumineuse. Malheureusement l’être humain n’est pas un animal nocturne, il n’est donc pas en capacité de voir la nuit. Il existe donc un conflit d’intérêt entre besoin d’éclairage et besoin d’obscurité. Porter une réflexion sur les besoins, travailler sur les moyens techniques pour mieux gérer les flux lumineux, les températures de couleurs et la diffusion de lumière dans l’environnement et prendre en compte la biodiversité nocturne et ses impacts dans le développement de l’éclairage est aujourd’hui une nécessité.

B&L évolution travaille depuis plus de 5 ans sur le sujet pour étudier l’impact et donner les clefs aux acteurs pour réduire et maîtriser l’influence de la pollution lumineuse sur les futurs projets. Entre métrologie et modélisation prédictive de la pollution lumineuse, identification et définition des enjeux et des impacts et la rédaction de mesures pour assurer un impact qui soit le plus faible possible, nous disposons des connaissances et des outils pour réduire la pollution lumineuse et protéger les magnifiques papillons de nuits comme le fabuleux Grand paon de nuit qui sillonne nos nuits et pollinise nos arbres fruitiers.

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