A l’occasion du Forum politique de haut niveau des Nations Unies (ONU) qui s’est tenu du 9 au 18 juillet 2019 à New York, la France a présenté son point d’étape sur la mise en œuvre de l’Agenda 2030 au niveau national.

La réalisation des Objectifs de Développement Durable exige des partenariats fructueux entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile. La France s’inscrit dans cette démarche de mobilisation des acteurs à toutes les échelles et a décidé de présenter son point d’étape 2019 au Forum politique de haut niveau.

Publié sur le site de l’Agenda 2030, le rapport d’étape présente les mesures phares qui constituent la feuille de route française sur les ODD, dont les travaux ont été lancés en avril 2018. Un ensemble d’acteurs de la société civile a construit de manière collégiale un plan d’action pour mettre en œuvre et suivre la feuille de route de la France : entreprises, territoires, scientifiques…
Si les modalités d’actions sont diverses et variées, la feuille de route française est-elle assez ambitieuse pour atteindre l’Agenda 2030 ? Tous les acteurs sont-ils encouragés à contribuer aux ODD ?

Etat des lieux des principales actions mises en place

Le document d’étape passe en revue les 6 ODD ciblés en 2019 par le Forum politique en proposant de décrypter la situation de la France au regard de l’Agenda 2030, autour du thème « Encapaciter les personnes et assurer l’inclusivité et l’équité » :

  •  ODD 4 (« Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie »),

La France alloue 200 millions d’euros pour 2018-2020 au Partenariat mondial pour l’éducation, se plaçant ainsi au 4e rang de ses contributeurs, afin d’assurer une formation de qualité pour tous les enfants, quels que soient leurs besoins. Elle s’engage aussi à généraliser l’éducation au développement durable.

  • ODD 8 (« Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous »),

Environ 64% des 15-64 ans ont un emploi (selon les chiffres de 2017) : un taux de 60% pour les femmes contre 67,6% pour les hommes. La France est mobilisée pour faire de l’emploi durable et de qualité la première protection des individus. Elle mise sur les compétences, l’écologie, l’innovation et les secteurs d’avenir pour générer une croissance durable.

  • ODD 10 (« Réduire les inégalités entre les pays et d’un pays à l’autre »),

Actuellement, la France compte 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, dont 3 millions d’enfants. Afin d’empêcher qu’un enfant catégorisé comme pauvre aujourd’hui ne devienne un adulte pauvre demain, il faut cibler le secteur de la petite enfance. Pour cela, la France investit dans la formation de la jeunesse et dans l’accompagnement de tous vers l’emploi. Le pays place également ses priorités en faveur du cadre collectif de solidarité afin d’aider à l’acquisition d’une complémentaire santé et généraliser les accueils sociaux.

  • ODD 13 (« Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions »),

L’empreinte carbone de la France métropolitaine a baissé de 2,7 % entre 2010 et 2016. Le pays s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050 et réduire les émissions dans tous les secteurs d’activités. Cela implique notamment d’accentuer la réduction des émissions de GES pour les diviser par au moins un facteur 6 d’ici 2050 par rapport à 1990.
La stratégie nationale bas-carbone (SNBC), élaborée en 2018, précise les orientations pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 : décarboner la production d’énergie, réduire de moitié les consommations d’énergie (transports, bâtiments), réduire les émissions non liées à l’énergie (agriculture et procédés industriels) et augmenter les puits de carbone.

  • ODD 16 (« Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer à tous l’accès à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes »)

La France est engagée dans la lutte contre toutes formes de criminalité aux plans national, européen et international. Au niveau national, la France agit seule pour défendre ses intérêts (résilience de la Nation, sécurité de ses fonctions essentielles, diplomatie forte et engagée) et renforce les dispositifs de lutte contre la corruption et en faveur de la transparence et de la démocratie participative.

Au niveau européen, le renforcement du positionnement de la France est stratégique en vue de l’adoption d’engagements contraignants pour la lutte contre le crime organisé. En matière de lutte contre la criminalité environnementale, 778 inspections dans les ports et aéroports ont été effectuées par l’Union Européenne en 2018 ainsi que 165 arrestations.

  • ODD 17 (« Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat mondial pour le développement et le revitaliser »).

La France soutient l’implication du secteur privé dans le financement des ODD. Elle reconnaît également l’expertise spécifique des acteurs de la société civile, ainsi que leur potentiel de mobilisation pour la mise en œuvre des ODD. Elle associe l’ensemble des parties prenantes, au sein du Conseil national pour le développement et la solidarité internationale et du Conseil national de la transition écologique. Elle prévoit même de développer la « science au service des ODD ».

Les acteurs ciblés sont divers, la France semble avoir saisi l’ambition de mobiliser l’ensemble des acteurs nationaux pour réaliser l’Agenda 2030 : entreprises, société civile, territoires, Etats, universités… Les scientifiques sont également appelés à agir.

La science au service des ODD

Le rapport rend compte de la mobilisation de la recherche française qui vise à mettre « la science au service des ODD » en évaluant les enjeux des 17 objectifs. Une interaction est requise entre citoyens, scientifiques et décideurs pour une construction conjointe. Sont cités trois axes à mettre en œuvre : évaluer les enjeux des 17 ODD, éclairer sur les opportunités et risques des différents scénarios de développement et expérimenter en testant et en partageant des savoir-faire.

Des pistes émergentes d’innovation sociale ou technologique peuvent être identifiées pour surmonter les obstacles et les contextualiser au quotidien de chacun. Les grands domaines scientifiques sont déjà à l’œuvre mais doivent être confortés dans leur mobilisation : sciences de la nature et de la matière, biologie, médecine, sciences humaines et sociales, sciences de l’ingénieur, mathématiques, etc. D’autre part, la co-construction et la mise à disposition d’outils de simulation permettra une meilleure appropriation des enjeux dans un monde saturé d’informations. Enfin, le rapprochement entre les approches interdisciplinaires, partenariales (entreprises et décideurs territoriaux) et participatives (associations et citoyens) doit permettre un enrichissement mutuel, afin de partager des questionnements, explorer des hypothèses et expérimenter des solutions. La science apporte non seulement des technologies et des connaissances, mais elle accompagne aussi les acteurs dans l’exploration des possibles.

Après la tenue du Forum politique de haut niveau, la France assurera la présidence du G7 qui se tiendra du 24 au 27 août 2019 à Biarritz, et dont le thème « lutte contre les inégalités » est en totale adéquation avec celui du Forum. Ce point d’étape clôt ainsi un premier cycle de quatre ans depuis l’adoption de l’Agenda 2030 à l’échelle internationale et précède le premier sommet des chefs d’État et de Gouvernement qui se tiendra à l’ONU en septembre 2019.

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