Télétravail en période de confinementNous traversons actuellement une période de crise sanitaire, liée à l’épidémie de Covid-19. Cette pandémie a suscité une série de mesures sanitaires, dont celle du confinement. L’impact de cette crise sur l’environnement et la biodiversité est à prendre avec sérieux et n’empêche surtout pas de rester vigilant dans nos pratiques quotidiennes. D’autant plus que ces pratiques, qu’elles soient d’ordre professionnelles ou personnelles, ont pu évoluer ces dernières semaines avec le développement massif du télétravail. Les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) sont de plus en plus utilisés et le nombre d’appareils connectés augmente chaque année. En 2019, 9 milliards d’appareils (smartphones, ordinateurs, objets connectés) sont reliés au réseau internet [4]. L’utilisation de ces appareils risque d’augmenter pour une partie de la population. Rappel des enjeux liés à l’utilisation du numérique, en cette période de confinement.

De nombreuses personnes salariées sont passées au télétravail quotidien !

Au-delà de la grave crise sanitaire, l’épidémie de Covid-19 a bouleversé pour de nombreuses entreprises les pratiques de leurs collaborateurs et l’organisation de l’activité. Pour les entreprises le permettant, le télétravail s’est développé massivement dans notre pays. L’économie étant grandement tertiarisée, certains métiers actuels sont adaptables à la pratique du télétravail. Parmi celles et ceux qui travaillent à distance, on compte certains habitués et d’autres qui découvrent la pratique et vont potentiellement l’expérimenter sur une plus longue période. Quoi qu’il en soit, il est indispensable d’avoir conscience de l’impact environnemental du numérique, qui représente aujourd’hui 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre [2]. Ces émissions sont amenées à doubler d’ici 2025 [2]. Il est ainsi nécessaire de traverser cette période en conservant ou en adoptant les bonnes pratiques liées à l’usage de nos équipements informatiques.

Quelles pratiques privilégier pour réduire l’impact environnemental de son travail à distance ?

Concernant les bonnes pratiques liées au télétravail, l’attention doit être portée tant sur les usages qui évoluent par rapport au travail dans un espace commun que sur les usages qui ne changent pas. Ne plus pouvoir côtoyer physiquement ses collègues impliquent une réorganisation des réunions, des échanges, des contacts. À ce titre, il est parfois préférable lorsque cela n’est pas indispensable de privilégier l’audioconférence à la visioconférence. Bien entendu, afin de limiter l’isolement et la perte de motivation, la visioconférence peut être utilisée, en veillant à diffuser vos supports en basse définition pour éviter une explosion de volume de données échangées. Afin d’éviter les échanges importants de mail et de messages, privilégier les appels téléphoniques permet également une meilleure compréhension entre les différentes parties.

Pour l’accès à internet, le réseau filaire et l’utilisation du wifi sont préférables à l’utilisation de votre réseau mobile, à n’utiliser qu’en dernier recours. Par ailleurs, pour ceux qui travaillent avec des fichiers sauvegardés sur un serveur distant, une solution possible est de travailler sur vos fichiers en local puis de les synchroniser en fin de journée. Une pratique souvent employée par les grandes entreprises est l’utilisation d’un VPN, intéressant en termes de protection des données lors d’une connexion à distance. Cependant, l’impact environnemental peut croître en raison du chiffrement/déchiffrement des flux et du potentiel allongement de la distance parcourue par ces flux. Afin d’envoyer des fichiers à vos collaborateurs, partenaires, clients, l’utilisation de plateforme de transferts sécurisés s’impose comme une bonne pratique en la matière.

Le télétravail, quel impact environnemental ou socio-économique ?

La crise que nous traversons a soulevé de nombreuses remarques quant à une potentielle surcharge du réseau. Des services de streaming vidéo (Netflix, Youtube, CanalPlay) et des réseaux sociaux (Facebook) notamment ont été sommés ou ont pris l’initiative de limiter leur trafic en baissant la qualité de leur contenu par exemple. Qu’en est-il réellement de l’impact du confinement sur le réseau ? Il est difficile de tirer des conclusions à cette heure-ci. Plusieurs effets se conjuguent :

  • Depuis plusieurs années le trafic internet croit de manière exponentielle: les opérateurs en ont pleinement conscience et redimensionnent continuellement leur réseau pour pouvoir encaisser la hausse sans que l’utilisateur ne subisse de ralentissement
  • Un certain nombre de flux se sont simplement déplacés: beaucoup d’entreprises utilisaient déjà la visioconférence et des services de cloud au quotidien, leur utilisation de ces services a pu légèrement augmenter, mais elle se fait surtout depuis des endroits différents (domiciles des salariés plutôt que depuis leurs bureaux)
  • Certains services sont davantage sollicités que d’ordinaire, notamment les plateformes de vidéos de divertissement, les réseaux sociaux et les services de visioconférence (utilisés par les particuliers)

L’emballement médiatique sur ce sujet semble exagérer le problème. Selon Stéphane Bortzmeyer [3], il y a peu de risque qu’internet « sature ». En effet, les problèmes d’accès à internet rencontrés sont avant tout le fait de saturations locales (au niveau d’un wifi personnel saturé car trop d’appareils cherchent à s’y connecter) ou bien de serveurs sous-dimensionnés. Derrière la polémique autour de la saturation du réseau se cache par contre peut-être le bras de fer de longue date entre les FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet) et les « GAFAM », les premiers souhaitant faire davantage contribuer les seconds à l’entretien des réseaux de télécommunications.

Peut-on alors dire que le temps passé en télétravail directement lié au confinement n’aura pas d’impact, qu’il soit environnemental ou socio-économique ? En ce qui concerne les pratiques numériques au travail, elles ne semblent pas évoluer de façon drastique. On peut citer à titre d’exception l’utilisation accrue d’outils de visioconférence mais l’ensemble des appareils connectés et des échanges audio ou vidéo restent les mêmes pour ceux qui travaillent encore. L’évolution de l’impact du numérique concernerait plutôt les travailleurs dont la situation active a évolué, que ces personnes soient en chômage partiel ou subissent une baisse de leur activité. En effet, ces personnes vont utiliser d’autres outils digitaux et à d’autres fins. L’augmentation du streaming ne saturera pas le réseau, il n’empêche que l’accroissement de l’impact écologique lié à l’accroissement du flux visionné subsiste. Pour rappel, les vidéos en ligne représentent 60% des flux de données [4].

Engager une stratégie numérique éco-responsable

Actuellement, les enjeux auxquels fait face le secteur du numérique n’ont pas été bouleversés par la crise que nous traversons. Cette crise, comme dans de nombreux autres secteurs, a pu montrer certaines dépendances, ainsi qu’une utilisation parfois abusive ou mal informée de certains outils. Afin de limiter son impact environnemental lié aux usages du numérique, la priorité reste la sobriété, c’est-à-dire :

  • l’usage raisonné et intelligent de nos ordinateurs, téléphones, téléviseurs et autres appareils électroniques,
  • la limitation du nombre d’équipements par personne,
  • l’extension au maximum de leur durée de vie.

Pour aller plus loin au niveau des entreprises, engager une stratégie numérique éco-responsable peut s’avérer judicieux, tant en termes de gains énergétiques et de minimisation des impacts que de responsabilité sociétale des entreprises. Celle-ci consiste notamment à :

  • étendre la durée de vie du matériel existant,
  • acheter du matériel écolabellisé (éco-label européen ou EPEAT),
  • bien gérer sa fin de vie,
  • limiter les impressions,
  • sensibiliser les salariés aux éco-gestes numériques.

Pour plus de recommandations et de ressources sur les pratiques responsables liés au numérique en cette période, consultez l’article de l’Alliance Green IT à ce sujet [5].

Sources :

[1] – La face cachée du numérique, ADEME, novembre 2019

[2] – Lean ICT pour une sobriété numérique, rapport du think tank The Shift Project, octobre 2018

[3] – L’internet pendant le confinement, par Stéphane Bortzmeyer 

https://framablog.org/2020/03/21/linternet-pendant-le-confinement/

[4] – « [Video+ Materials] Internet Video Traffic by use » (The Shift Project Materials, 2019a)

[5] – COVID 19 et numérique responsable : quel impact ?

https://alliancegreenit.org/covid-19-internet-risque-t-il-vraiment-d-exploser

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