A l’occasion de la sortie du Livre Blanc d’ALLISS à l’Assemblée Nationale, B&L évolution était présent à la Conférence de lancement du Livre Blanc d’ALLISS. Un livre qui vise à améliorer les politiques publiques au sujet de la société de la connaissance et qui prône un Tiers-Etat de la recherche. 

Une collaboration entre citoyens, scientifiques et entreprises serait-elle possible ? C’est ce que propose ALLISS (Alliance Sciences Sociétés), collectif et plateforme de travail qui réunit citoyens, chercheurs et acteurs économiques, dans son Livre Blanc. Fruit de quatre années de travail, ce document a été rendu public lundi 27 mars lors de la Conférence de lancement. Intitulé « Prendre au sérieux la société de la connaissance », il propose une piste d’amélioration des politiques publiques et « vise à définir l’horizon d’actions pour les acteurs concernés ».

Dans les politiques publiques, les relations sciences-sociétés sont généralement ramenées aux dimensions éducative et innovante ; l’innovation étant principalement réduite à l’aspect marchand (entreprise et marché). Ces politiques (et les imaginaires collectifs) pensent que « seule la recherche scientifique serait productrice de connaissance, ce qui conduit à disqualifier notamment les savoirs d’action et les savoirs d’expérience ». Or, l’économie de la connaissance vient aussi d’en bas. De plus, la dualité Etat/marché « conduit à marginaliser et à rendre invisibles les formes associatives, mutualistes et coopératives ». Avec ce Livre Blanc, qui réunit plus de 1500 personnes, 450 organisations et plus de 150 organisations de la société civile, ALLISS souhaite faire le lien entre société et recherche en mettant en avant différents enjeux (éthiques, économiques…).

10 cas qui aident à la construction de la connaissance dans le monde

L’enjeu majeur est de réimaginer les relations sciences-sociétés. Pour cela, 10 cas « qui conduisent à réexaminer les valeurs publiques de la science, bien au-delà de la focalisation sur sa valeur marchande » sont présentés dans ce Livre Blanc.

  • Les associations de patients, acteurs de la recherche biomédicale. Les associations de recherche ont un rôle important puisqu’elles prennent en compte la parole du malade dans l’orientation de leurs travaux. Elles diffusent ainsi des connaissances à destination du public et des médecins. Elles sont alors sollicitées par différentes instances pour participer à la définition des orientations de recherche et collaborer dans ces actions.
  • ATD-Quart Monde : croiser les savoirs sur la misère et sur l’exclusion. Cette méthode de « croisement des savoirs » propose de produire de la connaissance avec les sujets concernés afin d’apporter une complémentarité. C’est une approche qui permet une posture critique vis-à-vis des visions académiques. Les personnes concernées peuvent ainsi consolider leur savoir grâce à la reconnaissance des savoirs d’expériences.
  • LPO : Connaître et préserver la biodiversité. La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a développé une compétence d’enquêtes nationales sur l’observation des oiseaux, disposant d’une base de données essentielle à la connaissance de la biodiversité et de son évolution. Elle peut multiplier la collecte de données grâce au crowdsourcing, de façon à collaborer avec la recherche.
  • Tela Botanica : quand les amateurs relancent un domaine scientifique. Ce réseau regroupe professionnels et amateurs botanistes qui contribuent bénévolement à la collecte de données et au développement de connaissances sur les plantes.
  • L’association Elus Santé Publique et Territoires (ESPT) : la recherche partenariale au service de la réduction des inégalités territoriales de santé. La relation entre citoyens et collectivités locales et territoriales permet à ces dernières d’avoir un « accès direct au monde vécu et aux pratiques ». Le réseau ESPT a permis aux populations concernées d’établir des diagnostics en matière d’inégalités territoriales de santé.
  • Plante & Cité : un centre de recherche partenarial pour le végétal en milieu urbain. Cette association a été créée pour répondre aux besoins de professionnels en produits et services en lien avec la biodiversité. Les activités sont programmées en fonction des attentes et sont financées par les adhérents, les collectivités et entreprises ou par d’autres modes de financement.
  • TETRIS : une coopérative acteur du développement durable ancré territorialement. Elle a lancé un projet de recyclage, de réutilisation et de réemploi des bâches, utilisées entre autres lors d’événements comme le Festival de Cannes.
  • Innover par la recherche action participative : la sélection participative de blé dur. Un programme rassemble des chercheurs de différents secteurs et des acteurs de la filière agricole (producteurs, transformateurs, consommateurs) afin de partager des méthodes et des projets d’amélioration de la filière.
  • La Fing : une fabrique d’idées neuves et actionnables. La Fing (Fondation Internet Nouvelle Génération) est un think tank de référence sur les transformations numériques. Elle réalise un programme coopératif afin de mettre le numérique au service de la transition écologique.
  • Un « fablab des champs ». Un fablab est un laboratoire d’innovation où la libre circulation de connaissances est de mise. L’association Net-Iki naît d’une initiative d’un collectif de bénévoles revendiquant l’accès à l’internet haut débit dans les villages de Biarne et Jouhe (Jura). Elle ouvre un fablab où des ateliers de découverte des usages du numérique sont organisés. Elle bénéficie du soutien des collectivités locales et régionales et a développé des partenariats avec des lycées, universités et entreprises locales.

Prendre la société de la connaissance au sérieux

Au-delà des entreprises et du secteur public, il existe une multitude d’acteurs dits « de la société civile » qui s’engagent dans des dynamiques d’innovation et la production de connaissances. Une grande partie ne fait pas de recherche et est exclue des activités d’innovation. On parle alors de Tiers État de la recherche.

Y figurent le secteur non marchand (associations, syndicats…), le secteur marchand sans but lucratif (coopératives, mutuelles, économie sociale et solidaire…) et le secteur marchand à but lucratif (autoentrepreneurs, petites entreprises, groupements agricoles ou d’artisans…). Le constat d’ALLISS est celui que ces acteurs cherchent à être reconnus comme des partenaires de l’enseignement supérieur et de la recherche. En somme, « de participer à l’aventure de la connaissance ». Comment motiver davantage les TPE/PME et autres acteurs du Tiers Etat de la recherche à s’investir dans la recherche ? Comment faire plus de ponts entre les entreprises et la recherche et rendre plus accessible l’innovation aux PME ? Ce sont les points soulevés par B&L évolution accompagné de propositions concrètes reprises dans le rapport.

Des acteurs s’engagent déjà librement dans la voie de la recherche : un progrès qui doit tout de même être accompagné lors de l’évolution. Ce que recommande ce Livre Blanc, c’est une politique d’ouverture et de partenariat entre l’enseignement supérieur, la recherche et le Tiers Etat de la recherche.

A tous les acteurs qui partagent les enjeux de la société de la connaissance, n’hésitez pas à passer à l’action ou tout simplement à réfléchir et discuter des propositions proposées dans ce Livre Blanc.

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