L’analyse de matérialité est un outil de construction de la stratégie RSE qui étudie les enjeux de l’entreprise et permet la construction d’un dialogue avec les parties prenantes. Souvent matérialisée par une matrice, elle a pour objet d’identifier les axes de travail prioritaires sur les sujets environnementaux, sociaux et économiques. Plusieurs avantages sont avancés : simplification du reporting RSE, structuration de la démarche RSE et crédibilité auprès des parties prenantes.

La méthodologie d’une analyse de matérialité se décompose en 5 temps que vous pouvez retrouver dans cet article. Mais comment bien identifier les enjeux à étudier dans le cadre de l’analyse de matérialité ? Sur quelle liste d’enjeux questionner les parties prenantes ? Focus sur l’étape 2 de la méthodologie.

Dans notre pratique d’accompagnement quotidien des organisations à la définition de leurs enjeux de développement durable et de leurs analyses de matérialité, nous avons identifié plusieurs sources complémentaires pour définir votre liste d’enjeux.

Des référentiels nationaux et internationaux pour une première base d’enjeux

Une première liste d’enjeux peut être constituée à partir des référentiels internationaux comme les domaines d’action de la norme ISO 26000 ou encore les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU . Mais la plus pertinente reste aujourd’hui le référentiel G4 de la Global Report Initiative (GRI) qui propose une liste d’aspects répartis en 3 grandes catégories (économie, environnement, social).

En utilisant un référentiel international du développement durable, vous vous assurez d’avoir une liste exhaustive d’enjeux et de couvrir l’ensemble des sujets du développement durable.

Une étude sectorielle pour affiner les dénominations

La liste du GRI G4 est cependant très générale et il est préférable, pour une analyse de matérialité pertinente, d’obtenir des enjeux plus spécifiques et plus parlants dans le cadre de vos activités. Pour cela, il convient de retravailler cette liste avec une recherche documentaire sur le secteur. Intéressez-vous aux études sur la prise en compte du développement durable par votre secteur, aux enjeux et aspects particulièrement mentionnés dans les publications du secteur, aux divers articles de presse qui pourraient mentionner les sujets majeurs et controverses, aux analyses de matérialité réalisées par vos concurrents, etc.

La « Materiality Map » du Sustainability Accounting Standard Board (SASB) peut également vous permettre d’identifier les sujets qui méritent plus d’attention dans votre recherche.

Lors de cette étape vous pouvez :

  • affiner les dénominations : par exemple en parlant de protection des données clients plutôt que de vie privée des clients si cela fait plus sens dans votre secteur, ou d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite plutôt que de non-discrimination ;
  • démultiplier des dénominations : par exemple pour des secteurs très consommateurs en énergie il peut être pertinent de diviser cet enjeu en un enjeu d’efficacité énergétique et un enjeu d’utilisation d’énergies renouvelables ;
  • regrouper des enjeux : par exemple en regroupant sous le terme droits humains les enjeux de travail forcé, travail des enfants, libertés fondamentales, droits des peuples autochtones… s’ils n’apparaissent pas comme enjeux spécifiques dans votre secteur.

Co-construire des dénominations et une liste qui vous ressemble

Enfin, pour obtenir une liste d’enjeux qui soit complètement personnalisée par rapport à vos sujets et à vos activités, n’hésitez pas à vous tourner vers vos ressources et parties prenantes internes.

Vous pouvez par exemple, en premier lieu, regarder le vocabulaire que vous avez l’habitude d’utiliser dans vos documents internes et publications externes pour parler de certains enjeux. Vous avez l’habitude de parler de neutralité carbone plutôt que d’émissions et vous vous êtes déjà fixé de grands objectifs sur le sujet ? Garder la cohérence entre vos discours et adaptez la dénomination de l’enjeu !

Vous pouvez également sonder vos collaborateurs et autres parties prenantes internes en leur demandant de faire remonter les 5 enjeux prioritaires en matière de développement durable pour l’organisation. Cela pourrait faire remonter un vocabulaire commun mais également des enjeux spécifiques pas encore identifiés.

En suivant ces trois étapes lors de la définition de vos enjeux, vous devriez aboutir à une liste complète (idéalement de 10 à 30 enjeux) représentant les divers aspects économiques, sociaux et environnementaux du développement durable et assez personnalisée à votre organisation pour quelle parle à l’ensemble de vos parties prenantes. Il sera alors temps de consulter vos parties prenantes et d’analyser les impacts de ces enjeux sur votre business !

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