Dans un peu moins d’un mois se tiendra le Forum politique de haut niveau 2019. La France s’est portée volontaire, lors du premier forum en 2016, pour présenter sa revue nationale globale de mise en œuvre des ODD, que s’est-il passé depuis ? Comment s’organisent les différents acteurs pour s’approprier les Objectifs de Développement Durable ?

Du 9 au 18 juillet 2019 aura lieu la réunion annuelle du forum politique de haut niveau sur le développement durable à New York, sous les auspices du Conseil économique et social. Chaque année, une sélection d’ODD est à l’honneur. Le thème de cette année étant « Donner plus d’autonomie aux personnes et assurer l’inclusion et l’égalité », les ODD qui feront l’objet d’une étude plus approfondie sont les ODD n°4, 8, 10, 13, 16 et 17. Ils concernent ainsi les thématiques de l’éducation, de la croissance économique, des inégalités, du changement climatique, de l’avènement de sociétés inclusives et des partenariats.

Parmi les Etats membres de l’ONU, 47 (dont 10 en Europe) se sont portés volontaires pour présenter leurs résultats nationaux dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030. Le volontariat, levier crucial pour les partenariats (ODD 17) que promeut cet Agenda international, doit être un outil en faveur de la collaboration pour répondre aux enjeux actuels du développement durable. La France ne fait pas partie de la liste des États qui doivent rendre compte cette année de leurs actions en faveur des ODD. Néanmoins, à travers sa feuille de route, elle souhaite renforcer le dialogue local-global.

Quelle mise en œuvre de la feuille de route française ?

Afin d’atteindre les 17 ODD mondiaux, la France a décidé de se doter de sa propre feuille de route nationale. Cette dernière, divisée en 4 parties principales (vision à l’horizon 2030, approche ODD par ODD, mobilisation des acteurs, dispositif de suivi et mise en œuvre de la feuille de route) a vocation à être diffusée et appropriée par tous les acteurs de la société. Le gouvernement français définit ainsi les enjeux prioritaires et mobilise l’ensemble des acteurs à déployer des actions concrètes.

La Déléguée interministérielle au développement durable, Laurence Monnoyer-Smith, joue un rôle de coordination et d’impulsion de la feuille de route. Un Comité de pilotage interministériel et multi-acteurs, co-présidé par les secrétaires d’État Brune Poirson et Jean-Baptiste Lemoyne, a ainsi été mis en place conformément aux décisions du Comité interministériel de la coopération internationale et du développement qui s’est tenu le 8 février 2018 sous la présidence du Premier Ministre. Cette instance de coordination et de mobilisation des parties prenantes était l’occasion, à travers des échanges et débats, de construire collectivement, pour l’été 2019, la feuille de route sur la mise en œuvre des ODD par la France au niveau national et international.

En parallèle, des initiatives sont menées dans les territoires pour contribuer à l’atteinte des ODD. Dans le même objectif, une boite à outils des ODD a été développée à destination des structures qui souhaitent sensibiliser sur l’intérêt de contribuer à l’Agenda 2030 ou bien pour celles qui souhaitent intégrer les ODD dans leurs stratégie et projets. Au niveau des entreprises, l’intérêt pour les ODD grandit (notamment via la communication qui en est faite) mais ceci garantie-t-il une réelle appropriation de ces objectifs ?

Comment les entreprises françaises évaluent-elles leur contribution aux ODD ?

Certaines entreprises qui agissent en faveur du développement durable, de part leurs activités ou à travers des actions transversales, intègrent les ODD dans leur démarche RSE. Dans une étude menée par B&L évolution en 2017, il ressort que les stratégies RSE se révèlent des leviers d’action et de mise en œuvre des ODD. Les résultats de l’enquête montrent également que plus d’un tiers des entreprises du SBF 120 est mobilisé pour les ODD, le niveau d’engagement étant néanmoins différent d’un ODD à l’autre.

Toutefois, un an après ce constat, les écarts de mobilisation se creusent. L’étude B&L évolution de septembre 2018 affiche des résultats encourageants : tous les secteurs en France comptent au moins une entreprise du SBF 120 mobilisée pour les ODD. Mais l’engouement attendu n’est pas au rendez-vous. Les entreprises étant encore frileuses à utiliser les ODD pour revoir leur stratégie générale si ce n’est leur stratégie RSE. La grande majorité utilise les ODD notamment pour mettre en valeur leur stratégie RSE, via l’utilisation de table de concordance, par exemple. D’autres, approfondissent la démarche, en utilisant le dialogue avec ses parties prenantes ou le guide ODD de B&L évolution et du Global Compact. Les outils ne manquent pas pour aiguiller les entreprises vers des actions concrètes et opérationnelles. L’étude propose également des exemples de bonnes pratiques d’entreprises qui évaluent leur engagement avec leurs propres indicateurs.

A l’occasion du 4ème anniversaire de l’adoption des ODD et de la présentation de la feuille de route française, B&L évolution publiera une nouvelle édition 2019 de son baromètre ODD. L’objectif sera de démontrer que les ODD peuvent répondre à la nécessité de transformer le tissu économique vers des modèles responsables et durables. L’étude mettra en avant les freins à l’engagement et identifiera les axes sur lesquels sont concentrés les efforts humains et financiers. Le média Novethic, expert de la finance durable et média référence de l’économie responsable, est partenaire de ce projet. Qui seront les bons élèves ? RDV à la rentrée prochaine !

Posted in ODD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *